30 mai 1923, Alfred Lajat aperçoit Pierre Quéméneur à Paris
Guy Penaud, l'énigme Seznec, p.196
"Le 14 novembre 1923 , un Maitre-imprimeur de Morlaix, M.Alfred Lajat, vint révéler spontanément au juge qu'il avait entrevu Quéméneur à Paris le 30 mai 1923 vers 12h 15.
Selon ses dires, Pierre Quéméneur était attablé à la terrasse du café de Versailles , situé à l'angle de cette rue et de la place de Rennes ( 6ème arrondissement )".
Denis Langlois, Pour en finir avec l'affaire Seznec, p.64
" Il remontait la rue de Rennes et a aperçu Quéméneur, qu'il connaissait bien, à la terrasse du café de Versailles.
Il causait avec trois personnes. M.Lajat était sur le point de l'aborder quand il s'est dit : " On va discuter et je vais être en retard à mon rendez-vous ".
- Vous êtes sûr que c'était Quéméneur ? Demande le juge Campion.
- Absolument. C'est un ami. Je le connais depuis longtemps. Il est venu déjeuner ou dîner chez moi plus de cinquante fois. "
Deux témoins oculaires :
Henri Danguy des Déserts, notaire
Alfred Lajat, journaliste et imprimeur.
Deux témoins honorables et dignes de foi.
Mais qui se contredisent.
Sauf à penser que Pierre Quéméneur serait revenu à Rennes le 26 mai pour retourner à Paris et être vu dans la capitale par Alfred Lajat le 30 mai.
Après tout il a déjà changé ses plans le 24 mai. Il devait se rendre à Paris en train directement de Landerneau. Finalement il s'est rendu à Rennes où l'appelaient ses affaires.
L'un des deux témoins a pu se tromper.
Chacun de leur témoignage ouvre une piste.
Si Henri Danguy des Déserts a vu Pierre Quéméneur le 26 mai à Rennes cela confirmerait qu'il aurait bien renoncé à son rendez-vous à Paris et serait rentré en Bretagne depuis Dreux.
Si Alfred Lajat a vu Pierre Quéméneur le 30 mai à Paris, c'est qu'il a réussi, d'une façon ou d'une autre à rallier la capitale le 26 et qu'il y traite ses affaires comme il l'avait sommairement indiqué à sa sœur.
Deux pistes donc.
Laquelle est la mieux corroborée?
C'est toute la question.
Henri Danguy des Déserts est le seul à avoir vu le Conseiller général à Rennes.
Plusieurs témoins l'ont vu à Paris :
Alfred Bègué le 26, François Le Her Le 26 au soir, Pierre Yves Le Berre Le 27, Alfred Lajat le 30 et peut-être de nouveau Bègué le 2 juin. Sans compter cette femme qui a dit s'appeler Hélène Petit et qui a fait le voyage jusqu'à Morlaix pour témoigner avoir rencontré Pierre Quéméneur dans la semaine du 26 au 31 mai.
Tout ça balayé par l'instruction car la police a brillamment calculé que puisqu'il n'y avait plus de train au départ de Houdan après 22h Quéméneur n'a pas pu échapper à son assassin...
À Houdan il y avait un train à 22h 31 pour Paris. À Dreux il y avait un train pour la Bretagne.
Quant au témoignage des cheminots qui ont circonscrit l'horaire du passage de la Cadillac à la gare de Houdan à 22h 10, qui dit qu'ils ne se sont pas trompés ? De voiture ? De jour? D'heure ?
Leur témoignage à été recueilli plus d'un mois après les faits...
1) On a un notaire, Jean Pouliquen, qui se méfie de Guillaume Seznec et n'a pas digéré que Pierre Quéméneur lui ait réclamé le remboursement anticipé de son prêt.
2) Le même notaire jette la suspicion sur l'authenticité de la promesse de vente de Traou-Nez qui ne va pas dans le sens des intérêts de la famille.
3) On a donc un suspect N°1 : Guillaume Seznec.
4) Les témoins qui peuvent le disculper n'ont qu'à aller voir leur ophtalmo car leur témoignage ne corrobore pas le brillant raisonnement de la partie civile. Guillaume Seznec ne serait pas le dernier à avoir vu Pierre Quéméneur vivant.
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